
Le 30/06 : C’est gagné, j’y ai ramassé, je suis enrhumé ! Vous me direz, à force de me balader à la montagne comme si j’étais au Maroc, fallait bien que ça arrive. Moi, je mets plutôt ça sur le compte des brutaux changements de température auxquels Del a paré de manière étrange : elle s’est habillée en conséquence.
Je ne sais si nous avons trop maudit le temps brûlant, mais aujourd’hui c’est couvert et les rares trouées de ciel bleu, alternent avec la pluie, un peu de grêle et maintenant des orages. Donc, journée camion, lecture, ordinateur et ce soir nous dînons avec Paul et Monica rencontrés la veille, si le temps le permet bien sûr.
A 20 h 30, il fait froid mais il ne pleut pas, nous pouvons donc dîner tous les quatre. Ce sont de sacrés voyageurs qui ont avancé leur retraite de plusieurs années pour pouvoir profiter de la vie. Ils ont vendu tous leurs biens en Suisse et assurés en cas de gros problème. Depuis, ils voyagent à pied, en bus, en train ou en stop avec leur petite tente, leurs matelas, leur gaz et leurs gamelles.
18 mois qu’ils parcourent les Balkans, ils ont appris le bosniaque à Sarajevo et nous donnent des conseils précieux pour la suite de notre périple. On partage, on échange autour du foie gras que Ginette nous a fait passer (un régal) et d’un plat de pâtes agrémentées de coulis de tomates cuisinées (merci maman). Comme d’habitude, le bon moment s’éternise, il fait un froid glacial mais aucun d’entre nous n’est pressé d’aller se coucher.
À minuit passé, ils regagnent leur tente et nous, le camion.
**************************************************************************************** DEL : On espère pouvoir être comme eux à leur âge !! Quelle soif de découverte, de vivre simplement, de partager, d’apprendre les langues pour réellement communiquer…C’est leur choix de vie, je les trouve aussi originaux que formidables. Leurs amis leur ont dit lorsqu’ils sont partis qu’ils étaient courageux…Eux n’ont toujours pas compris pourquoi il fallait du courage pour simplement vivre ses rêves…
Nous partageons l’envie commune de ne pas rêver nos vies.
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Le 1/07 : Petit matin noyé dans les nuages puis grand ciel bleu sur les montagnes monténégrines. Ce soir, nous voudrions dormir en Serbie, environ 150 km de route mais nous ne partirons pas avant d’avoir contemplé la «Gorske Oci», larme de la montagne ou Lac Noir.
Dans la forêt, on arpente le semblant de sentier et finissons, à travers les branches au loin, par entrapercevoir les eaux vertes du fameux lac qui ne doit son nom qu’aux hectares de forêt de cèdres noirs qui l’entourent.
Noyés dans une nature à l’état pur, nous ferons le tour du lac et un petit plongeon. On en prend plein la vue entre les sommets encore enneigés, les forêts, les prairies, les marécages, les moutons. Encore une fois nous sommes seuls avec la nature et ses éléments (voir photos).
Comme on le quitte bientôt, il est temps de faire un petit bilan du Monténégro. Ce petit pays vous offre, en fonction de la saison et dans la même journée si vous le souhaitez, la mer, le ski et les sports en eaux vives. Pour ceux qui l’aiment, le Monténégro lance ici d’innombrables défis. Paysages fascinants et préservés, les habitants sont d’une gentillesse indescriptible et les prix sont partout et pour tout on ne peut plus accessibles.
Un véritable petit paradis que je ne saurais que trop conseiller à tous les amateurs de nature et de sensations.
J’ai la certitude que nous nous reverrons.
Vers 16 heures, nous prenons la route et passons la frontière de la Serbie deux heures plus tard.
Nova Varos est la première petite ville sur notre itinéraire. Nous stoppons sur un parking et nous empressons de trouver le poste de police afin de connaître la tolérance en matière de camping sauvage. Dans le bureau, quatre fonctionnaires dont un assis et qui semble être le supérieur avec une tronche digne de certains films d’horreur. Pas un ne parle un mot d’anglais et c’est l’air excédé que le gros vilain nous mettra dehors (quasi manu militari !).
Heureusement que la gentillesse et l’accueil des habitants compensent largement la mauvaise humeur des autorités locales. Il ne nous faut pas bien longtemps pour être escortés par un Serbe et une jeune musulmane qui nous certifieront que partout dans le pays, nous serons toujours les bienvenus et pourrons dormir où l’on souhaite avec notre camion.
Tranquillisés, nous nous baladons en cherchant un éventuel cybercafé. Les rues sont bondées, les mines semblent réjouies, les regards un peu surpris de nous voir ici. Sans pouvoir vraiment l’expliquer, on ressent la difficulté de la vie et son niveau proche de la misère même si la plupart des gens semblent faire bonne figure. Les boutiques sont vétustes et leurs vitrines sommaires n’offrent à la vente que le minimum nécessaire. Le superflu y est rare.
Dans l’Internet café que nous débusquons, les ordinateurs sont aussi énormes que vieux, les prises électriques pendent des murs et les consoles de jeux y sont largement majoritaires. La connexion y sera d’ailleurs totalement pourrie.
De retour au camion, les jeunes de Nova Varos, que l’on sent un peu désoeuvrés pendant ces grandes vacances, coincés ici pour la plupart, se sont donnés rendez-vous autour du Tub. Les leaders nous interpellent les premiers, le reste de la bande suspendue à leurs lèvres et à nos réactions, les groupes de filles restant plus en retrait.
A part quelques pénibles grandes gueules, tout ce petit monde est plutôt attachant, curieux à tendance fiers et surpris que l’on ait pu choisir la Serbie comme destination touristique. Beaucoup nous demanderont quel travail nous sommes venus faire ici. Un adolescent plus dégourdi que les autres en anglais me dira même que lorsqu’il a vu le Tub arriver dans la ville il s’est écrié : « regardez, il y un cirque qui arrive ! ». Génial, non ???
Les jeunes filles se sont approchées maintenant, les coups de coude et les petits rires dissimulés vont bon train. La moins farouche posera timidement la première question ; ma réponse les décoincera toutes et, même dans un anglais très sommaire, nous bavarderons un bon moment.
Heureusement qu’entre temps, Del est allée se coucher dans le camion car je ne sais quelle excuse j’aurais pu trouver pour ne pas accepter de faire visiter l’intérieur du Tub à tout le groupe.
Et puis, il suffit d’un « bon et bien maintenant je vais me coucher » pour que la tranquillité revienne et que le silence se fasse autour de nous.
C’est cela aussi la Serbie, donner et prendre intensément mais jamais dans l’excès car ces gens ont, au-delà de leur plaisir et de leur envie de nous connaître, un respect qui force le nôtre.
Nous nous sentons aimés et respectés. Le Tub lui, est vénéré.
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