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Maroc - Tafraoute


de BZO, 18-03-2007

En route pour Tafraoute et visite des gorges impressionnantes d'Ait Mansour


Le 13/03 : Je me réveille au matin, de mauvaise humeur, Del ne met pas longtemps à s’en apercevoir…je crois que je n’ai pas envie de quitter Mirleft aujourd’hui. Il s’y est passé tant de choses si fortes, si vite, si simplement… « Te prends pas la tête mon p’tit ronchon, on peut partir demain si tu veux ! » me dit Del. Ca c’est le véritable luxe de ce voyage : n’avoir comme impératifs que ceux que l’on décide de se fixer ! C’est exquis et promis, je me prépare au départ de demain pas de caprice !
Abdallah et sa famille semblent se réjouir de cette petite prolongation, pour fêter ça : tajine de boulettes de poisson (confectionnées main par Abdou), salades marocaines variées, fèves et indescriptibles jus de fruits et légumes frais.
Ces dernières heures furent divines, simplement le temps d’un petit bilan : savourer ce qu’il reste encore à venir…et réaliser que, contrairement à ce que nous ressentons, nous ne sommes pas au Maroc depuis 2 mois mais seulement depuis une grosse quinzaine de jours.
Nous nous régalons du tajine d’Abdou jusqu’à minuit quand il nous propose subitement de nous accompagner demain jusqu’à Tiznit, pour « profiter des derniers instants ensemble » et nous aider à acheter un tajine (le plat) sans nous faire rouler…

Le 14/03 : Notre ami (Abdou) nous escorte dans les échoppes marocaines. Après un dernier thé ensemble, une allergie simulée (ma p’tite larme), ce sont les au-revoirs, une boule dans la gorge avec la promesse de se revoir, ici ou en France.
12h : on fait le plein puis direction Tafraoute. Pour me remettre de mes émotions, je me suis prévu une après-midi sportive : la montée en Tub de l’Anti-Atlas. Putain les bras…EN seconde pendant 60 km, sans chauffer, avec des lacets hallucinants avec virages à 360° donnant l’impression que l’on tourne en rond ! Puis c’est la 1ère qui s’impose, p’tit coup d’œil sur la température d’eau (merci Bernard !). 1500 m d’altitude, Del me suggère « n’hésites pas, STP, à utiliser le klaxon mon amour, tu sais la route est hyper étroite et les virages sans visibilité ». J’exauce Madame jusqu’au sommet 2000m. Je me rabats sur la gauche, à fleur de falaise, en nage, envie de pisser et la grosse dalle. Je contemple le paysage, tente d’uriner dans le vide mais une rafale contraire me dissuade de poursuivre…
El twonous mettra longtemps avant de refroidir, mais hardi, la 3ème retrouvée, c’est sur les hauts plateaux que nous découvrons le changement de décor et vestimentaire des habitants. Ces derniers forts minces, pour ne pas dire maigres, trouvent un peu d’ampleur dans leur djellaba. A la différence des berbères en turban, ils portent des sortes de cagoules, dissimulant tout leur visage, à l’exception de leurs yeux. De rares enfants nous saluent d’une main et nous montrent leurs penailles de l’autre. Les habitations aussi changent un peu, pas de forme mais d’ornement.
Bref, encore une des richesses du Maroc, en 100 km, on décolle, on redécouvre le froid, on explore de nouveau. Les gens d’ici sont comme leurs paysages, les traits plus arides et la gestuelle moins chaude qu’au Sud. Il y a toujours des biquettes mais on jurerait qu’elles mangent des pierres tant la verdure est rare au sol !

La descente à mi-altitude, 1000 m, nous emmène jusqu’à Tafraoute. Le tub encaisse encore, sans faillir, la route étroite, inexistante sur quelques portions et dans un rayon de soleil sur le pare-brise nous dévoile la ville en approche : environnement fait de montagnes abruptes, de gigantesques œufs de roches, de palmiers par paquet.

Après concertation, nous tentons malgré l’heure avancée (18h30) de parcourir les 30 km qui nous séparent des gorges d’Ait Mansour, où nous décidons de passer la nuit. Normalement, après un gros footing, on s’assouplit, on s’étire, on se douche, on se détend et bien là, comme des fous inconscients, c’est un Marvejols-Mende que nous avons infligé au camion ! La route du matin, du pipi de chat à côté des lacets tortueux et « tortureux » qu’il lui fallu engloutir pour aller se perdre au fond des gorges qui, avec la nuit tombante, me rendit Del tout angoissée. Pas âme qui vive, pendant les 1h30 du parcours (oui oui pour 30 km, c’est vous dire l’état de la route !!).
J’ai imploré l’embrayage, la boîte de vitesse, les freins, les barres de torsions, les phares, mes bras, mes pieds et Del de tenir le coup…Finissant par 4 km de pistes, à peine franchissables vu l’heure et dans l’impossibilité d’envisager un quelconque demi-tour, nous nous posons on ne sait trop où (bénis soient les 2 camping-cars déjà présents et arrivés ici on ne sait trop comment)…En ce qui me concerne (Del pas du tout), j’ai le sentiment, ou plutôt l’espoir, que tous ces efforts et litres d’essence ne seront pas vains.
En attendant demain, massage pour détendre l’aroum (Del), petite soupe dans le camion, on trie quelques photos, je m’évanouis de sommeil, Del me câline moins effrayée.

Le 15/03 : Un peu groguis par la route de la veille, nous découvrons avec le jour qui pointe, le cadre dans lequel nous avons dormi. Ca se passe de commentaires. Nous vous laissons quelques photos, à peine descriptibles, autant pour les palmiers et les courts d’eau claire au fond d’immenses gorges, que pour le fait qu’on puisse y trouver un HY. On rempli nos yeux en 2 h, puis avec un peu d’appréhension, nous ré-attaquons la route en sens inverse jusqu’à Tafraoute où nous avons l’espoir d’arriver sans dommage, d’un bon déjeuner, d’un hammam.
Tous nos vœux furent exaucés et nous avons même pu dans cette petite ville échanger mes travellers !!!
On cherche une tête de lion dessinée dans la falaise, on la déniche au loin, très haut (voir photo). Un p’tit grain de pluie dépoussière le Tub.
Nous tentons pleins d’espoir d’achever cette journée par une table d’hôtes réputée que l’on ne rejoint qu’après 3 km de pistes mais c’est complet. C’est dans le village attenant, sans éclairage, sur invitation de ses habitants, que nous élisons domicile pour la nuit. De là, au calme, je vous écris ces derniers mots pour ce soir, Del dort à côté de moi, il est 23h14, je l’embrasse pour vous et pour moi…

Commentaires sur cet article
Alex
Après lecture et visionnage des photos, je comprends beaucoup mieux la ùagnificence du décor et de votre nouveau cadre de vie : MAGNIFIQUE !
Avec ça, je crois que ça vaut amplement les quelques frayeurs de l'ascension (y a que vous pour vous mettre dans des situations pareilles ^^).
Bonne continbuation, on vous suit de près (quelle stupeur quand ils apprendront que j'écris accroché à l'arrière du Tub lol) !
 

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