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Maroc - Oualidia


de BZO, 01-03-2007

Oualidia, village de pêcheurs


27/02 après midi : Nous sillonnons toujours par la magnifique côte les 80 Kms que le Tub parcours à son rythme qui est, c’est acquis définitivement, le notre aussi désormais.
Des troupeaux sur les falaises que déchire l’océan, les enfants qui courent vers nous en voyant le H poindre au loin salués par Del qui aurait presque tendance à se prendre pour la Princesse Diana tant ses coucous en tous sens et les sourires qu’elle rend sont nombreux et mille autres détails dont je vous dispense pour être un peu synthétique dans l’écriture, ornent notre progression.
Tout fut beau sur cette distance mais sans comparaison avec ce qui nous attendait à Oualidia.

En arrivant, direction la plage dans l’espoir d’y trouver un spot pour la nuit mais la vingtaine de camping-cars tête à cul qui bouchaient l’horizon nous incita à trouver autre chose.
Nous nous faisons indiquer un endroit où manger les fameuses huîtres et empruntons un raidillon qui descendait à pic sur la lagune. Ainsi, c’est au frein moteur (en 1ère) donc à allure de tortue que nous découvrons à fleur d’eau le restaurant et une place qui serait idéale pour dormir à proximité des parcs à huîtres. Les employés, en voyant surgir l’improbable véhicule, nous invitent à stopper là pour la nuit presque avec insistance.
Nos regards se croisent avec Del et c’est seulement en souvenir de ces pauvres camping-caristes de la plage que nous sautons de joie en acceptant.
L’électricité nous est offerte, les toilettes très propres restent ouvertes même la nuit et 3 gardiens là pour surveiller les précieux coquillages veilleront également sur nous.
Le temps de savourer tout ça, 1 heure s’écoule et l’Aroum se demande si elle va se lâcher sur 2 ou 3 douzaines et de quel calibre : le choix de luxe.
Nous dînons quasiment seuls, bénéficions en cuisine d’un cour d’ouverture d’huîtres et nous retrouvons le nid lambrissé après un pipi sur la plage. Dodo bonheur.

Au matin et ce depuis le début du voyage, je me réveille tôt et en profite, avec le spectacle des 1ers ostréiculteurs qui s’affairent, pour gratouiller un peu. Je lie connaissance avec certains d’entre eux, d’entre elles, je prête ma guitare un certain Abkrim, écoute et cela me redonne espoir sur mon niveau.

10h30, je réveille Del qui ne dort pas et nous convenons en cœur qu’une seule chose nous manque : une douche même froide.
Et nous voilà, avec les moyens du bord, en train de parfaire l’installation du rideau de douche censé s’adapter à la galerie du camion (merci Alexis). D’ailleurs certaines jeunes filles voilées mais peu farouches, pressentant le spectacle de mon corps nu dissimulé derrière un écran de fortune fragile, rodent aux alentours. Qu’à cela ne tienne, c’est pudiquement (voir photo) que j’ose expérimenter pour la 1ère fois la douchette raccordée au réservoir d’eau fixé sous le camion. Ma foi, quand y a besoin, y a besoin. Et finalement, même glacé ce fut exquis.
Del, plus chanceuse se vu offrir une presque douche chaude (grand évier + petit seau) pour avoir gentiment désinfecté et bandé le doigt d’un des cuisiniers qui s’était profondément escalopé un doigt.

A Oualidia, le bruit court qu’il serait possible, moyennant quelques dirhams de se faire griller sur la plage une araignée de mer. Entre piège à touristes et gourmandise, nous décidons d’une petite bronzette par des pêcheurs et d’attendre. Grand bien nous en prit car après en avoir évincé poliment 4 ou 5 qui nous prenaient pour des touristes fortunés, c’est finalement Mustapha qui gagna notre confiance. Une fois de plus, je ne sais qui ou quoi remercier ou prier, mais l’après-midi passée en sa compagnie restera, pour l’instant, comme l’un de nos plus inoubliables souvenirs :
1- il nous dégote 2 énormes araignées de mer (un mâle très gros et une femelle plus petite mais pleine d’œufs) pour 50 Dh, le prix en France d’une boîte de miettes de crabe…
2- il nous emmène à l’écart, 1 km, dans sa cabane de pêcheur surplombant l’océan par une falaise vertigineuse enserrant une grotte ;
3- feu de bois de mimosa pour le goût ;
4- cuisson et préparation des araignées puis « démantibulage » et partage des carapaces ;
5- couverts dressés (nos doigts) sur un simple plateau reposant sur un parpaing (la table) ;
6- whisky marocain = thé à la menthe bouilli sur les braises restantes ;
7- « Bismilha » régalez vous.
La terrasse et le meilleur menu du meilleur restaurant, resteraient indignes face à ce festin dans ce cadre là. C’est sans commentaire c’est à vivre !
Rassasiés de finesse à l’état brut, il devait être à peu près 17h30, Mustapha invite Del dans sa cabane pour lui faire une démonstration de ses talents de guérisseur-masseur. Et voilà qu’en un clin d’œil sur une simple natte, les doigts sentant le crustacé grillé, il la manipula de la tête aux pieds…pas mal pour digérer !

A la nuit tombante, nous abandonnons notre hôte pour tenter de joindre nos proches sur skype mais l’ADSL faisant défaut, la connexion nous laissa un peu frustrés de ne pas pouvoir davantage leur faire part de notre journée. Puis nous le retrouvons vers 20h, chez des amis, Habib et Hamid pour achever cette sensationnelle journée par de sensationnelles rencontres. Nous restons dormir devant chez eux et au matin, après un p’tit air de guitare sur la plage, observé par des pêcheurs fumeurs de kif, nous prenons le petit déjeuner tous ensemble. Robs (pain) trempé dans de l’huile d’olives adjointe à du miel fort, nous nous racontons encore et encore nos vies.
Echange de coordonnées, Hamid qui vit à Casa s’engage sur l’honneur à essayer de photographier pour Manou les rues de son enfance. Au revoirs chaleureux et direction Essaouira par les terres cette fois ci car nos amis nous déconseillent heureusement la route côtière complètement défoncée.
Parcours de 180 kms nouveau pour nos yeux. Nous avons l’impression, bien calés dans nos sièges de 405 d’être derrière un écran 16/9ème (le pare brise) devant GéoMonde sur le câble mais avec l’immense privilège de pouvoir quand on le souhaite pénétrer les images.
Rdv bientôt à Essaouira.
Bizzz

Commentaires sur cet article
Alex
Encore un super récit, on s'en lasse jamais et l'un comme l'autre vous avez de l'or sur les doigts...
Encore de beaux paysages, de belles rencontres , de bons festins (aaaaarrrrrgggghhhhhh !!!), bref que du bonheur, et vous le partagez superbement avec nous tous !
A bientôt !
 
jacqueline
il suffira ensuite de publier....
quel plaisir renouvele de vous lire tous les 2
c'est comme si on y était, les odeurs (miam!)les
senteurs
a la prochaine
 

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