Accueil > Récits de voyage > journal de voyage
   
 

 
Maroc - Mirleft


de BZO, 12-03-2007

Nouvelles visites aux écoles (chaussures et brosses à dents)


Le 10/03 : couchés très tard après une journée ultra riche en émotions et levés très tôt ( 6h45) pour attaquer une matinée dont nous n’attendons pas moins, c’est les yeux encore tout collés que nous suivons Mouloud. Comme chaque matin, ça n’est qu’après 45 mn de marche qu’il retrouve ses élèves. Nous qualifierons, pour être exacts, davantage cela comme une randonnée proche du canyonning que comme une simple promenade.
En 10 mn nous n’en croyons pas nos yeux et un peu dubitatifs nous interrogeons notre guide-instituteur. A voir nos mines mi-réjouies, mi-circonspectes il nous explique sans ralentir que c’est le plus court chemin pour gagner le village d’Id belhaj et son école.
Noyés dans la montagne, de pentes à pic en sentiers escarpés, sans petit déj dans l’coco, on coupe à travers les flancs des collines pour retrouver une orientation et une direction. Ca grimpe velu, velu mais mon Aroum, digne donc heureuse ne bronche pas. Seules ses 2 p’tites pommettes roses témoignent de l’effort matinal qu’elle développe. Son sourire et ses yeux expriment sont plaisir.Comme je l’aime…..
Commençent à apparaîtrent au loin, encore très très en hauteur, les premiers signes de vie. Une crotte de mulet par-ci, un chien errant par-là puis nous arrivons au village que nous a si fidèlement décrit Daniel Laccassagne.
A 200m des habitations et en les contemplant, on jurerait que personne n’y vit tant tout y est immobile. Ce sont les gazouillis des écoliers légèrement à l’écart dans leur classe qui nous détournent du spectacle.
Nous nous présentons. Dans la classe de Mouloud, on compte une quinzaine d’élèves répartis en 4 niveaux scolaires. La plus petite a 1 an et demi. Il nous explique qu’elle assiste au cours car comme d’autres, c’est pour elle le seul moyen pour bénéficier d’une collation équilibrée qui fait tant défaut à tous ces habitants isolés. Nous assistons à la 1ère leçon, assis sur les bancs au milieu des marmots. Comme je vous l’ai déjà dit, Mouloud n’a de cesse de contribuer autant qu’il peut au bon équilibre souvent précaire et fragile de ces gens parfois très pauvres. Pauvres, mais ne portant pas sur eux le poids de leur humble vie. Tous restent dignes, pas une once d’aigreur ou d’amertume ne se ressent à leur contact. Sacré leçon !! Que les plaintifs occidentaux évoluant dans l’opulence sans en avoir la moindre conscience viennent éprouver ici, réellement, la digne résignation de ces hommes et de ces femmes aux cœurs et aux maisons pourtant toujours ouverts.
La classe se transforme en cantine et chacun troc ses cahier conter une assiette de riz. Les enfants prennent des forces en silence et c’est dans la foulée de ce repas que Del devrait commencer son intervention. Mais ici, bien que tant de choses manquent, Mouloud a déjà réussi à initier ses élèves au combat contre les ravages du sucre, véritable fatalité au Maroc. Ils sont chacun fièrement détenteurs d’une petite brosse et dentifrice qu’ils conservent précieusement. Del leur explique, traducteurs et schémas à l’appui, pourquoi les caries, pourquoi le brossage, comment, combien de temps, toujours de la gencive vers la dent, du rouge vers le blanc.
Brossage collectif sous le soleil ardent et chacun rectifie sa façon de faire entre les mains presque maternelles de Del. Les « choukrane » (merci), « merci M’ssiou » fusent de tout côté.

Alors Mouloud renverse au sol en un monticule de couleurs, les paires de Holey Soles et se charge, connaissant les besoins de chacun, de leur trouver des pieds…La forme et la teinte de ces souliers déjà fort surprenants en France, étonnent dans un 1er temps. Je fais alors mon petit défilé devant eux, chaussé moi aussi des mêmes Holey. « CHOUF SBATTE » (regarde ces chaussures !), une 1ère fillette les chausse, une seconde puis c’est tout sourire que toutes les paires trouvent preneurs. Leur confort, leur légèreté, leur originalité auront finalement comme partout sublimé leur ligne un peu étonnante.
Les leçons doivent reprendre, aussi nous en profitons pour visiter le minuscule village d’Id Belhaj, et plus particulièrement la « maison des femmes ». A l’initiative de Daniel Lacassagne, l’association « berbère mon frère » ce lieu permet aux visiteurs de contribuer à la vie locale et de comprendre les artisanats locaux tels que l’huile d’Argan si parfumée, la confection main de tapis et habits dans le plus pur style berbère. Que tous ceux qui rêvent de dépaysement, de retour à l’essentiel, de chaleur humaine, le tout en se rendant utile sous le soleil se rendent sur le site histoire de ce faire envie (http://www. berberemonfrere.com).

Spectacle de percussion et danse improvisé par les enfants qui nous ont adopté, tout comme leurs nouvelles chaussures multicolores, au revoirs poignants.

Le ventre toujours vide, nous profitons paresseusement d’un 4x4 pour regagner Mirleft où l’on s’offre un bon déjeuner en terrasse. Pour cette après midi, il nous faut vidanger El Twonous et faire souder un de ses essuis-glace cassé en 2. C’est grâce à Abdellah, que ces 2 impératifs furent résolus en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Il nous conduisit chez Lahcen, son ami mécanicien, qui, pas peu fier de poser les mains dans l’antique véhicule, nous régla l’histoire pour 30 Dh (2,7 €) le tout en buvant le thé au bord de la fosse. Pour l’anecdote, je ne me souvenais plus de la capacité en huile du moteur (oui, Bernard je sais, 4 litres…). C’est donc allègrement que je lui en administrais 7L ! « L’ARCHOUMA » (la honte !). M’apercevant de mon erreur, je la confesse au professionnel qui, d’un sourire rassurant, replongea sous le camion et dans une douche d’huile récupéra et refiltra pour ne pas la perdre, la quantité de liquide visqueux excédentaire. Accolade sincère et reconnaissante avec Lahcen que je n’oublierai pas de si tôt.

Ensuite, Abdellah nous conduisit chez un soudeur. Si j’avais su qu’en 3 minutes notre problème d’essuis-glace serait résolu de façon impeccable et invisible pour 3 fois rien, je n’aurais même pas coupé le contact.

Abdellah, notre ami, notre hôte et notre ange gardien ici, nous ne savons comment te témoigner notre immense reconnaissance, saches juste que pour toi et pour les tiens notre maison et nos cœurs seront toujours ouverts !

Comme si cela ne suffisait pas, nous n’avons pas pu refuser son invitation du soir pour partager un dîner en famille. Fatima avec grâce et sourires, nous fit une nouvelle fois le privilège de savourer sa cuisine traditionnelle. Confortablement lovés dans leur salon marocain, nous prenons le temps de contempler avant de goûter à la cascade de plats qui nous sont offerts. Jamais je n’ai vu Del dévorer autant et l’hospitalité de ce couple et leurs 2 enfants, Aymen et Ikram, nous ont procuré depuis notre 1ère rencontre ne cesse de nous combler. Nos 2 femmes iront bientôt ensemble chez une amie pour se faire faire un henné sur la peau.

Le 11/03 : Abdellah nous emmène visiter Sidi Ifni et les plages, veillant sur nous de toute sa bonté et de toute son amitié. Encore une bonne journée conclue par une douche bienvenue (ici la poussière ocre règne), avant de retrouver nos parents et amis sur Skype jusque très tard.

Le 12/03 : Comme promis, c’est encore Abdellahh qui a organisé cette matinée avec les enfants. Pour nous, il négocie l’indispensable mobylette et nous enfourchons le frêle 49,9 cm² dans son sillage. Nez au vent, sans casque (que Del ne s’étonne même pas de ne pas avoir !) et courts vétus, nous grimpons toujours plus haut dans des décors encore différents avec l’altitude et l’orientation des lieux par rapport au soleil.
Del rie et glapit comme une gamine, campée sur ses cales pieds, les bras autour de moi, subissant de son sublime postérieur, les vibrations de la mob et les assauts de la route rocailleuse. Je sens qu’elle est bien et que cette aventure la transforme chaque jour un peu, chaque jour en mieux… Ceux qui la connaissent resterons dubitatifs, je sais, mais même la plus immaculée des oies blanches reste avant tout et par nature, un oiseau sauvage. JP m’a dit un jour à son sujet, que « le mieux n’est jamais l’ennemi du bien ».

Totalement enivrés et les narines pleines de poussière, nous arrivons à notre 1er point de chute : l’école de Lamjamiaâ, village sans eau courante, ni électricité. Tout se passe pareil aux fois précédentes, mais pourtant c’est encore différent. La nuance opère je ne sais où…Elle est peut être tout simplement due aux nouveaux visages.

Encore 4 ou 5 kms de piste, la mob chasse du cul et Del me serre encore plus fort, on prend de l’élan pour affronter une cote dont on ne distingue pas la fin, on redescend, puis, plantée au milieu de nulle part : l’école Dahak. Aziz et Brahim, les instit’, nous accueillent et, au risque de me répéter, leur témoignage de gentillesse autant que la richesse de leur discours nous ont scotchés, nous laissant le sentiment que le mot « utile » accolé au mot « voyage » n’était, dans notre projet, pas dénué de sens…
A 13h, en voyant la marmaille, l’haleine fraîche et les dents lisses, courir dans les collines pour regagner leur maison, ma main se pose sur l’épaule d’Abdellah, qui nous invite tout naturellement dans une salle de classe où nous attendent : des gâteaux (merci Aziz !), du thé et un énorme « robs » ‘(pain), cuit dans un four en terre, qu’on trempe dans du miel et de l’huile d’olive.

De retour à Mirleft, je cuisine, pour remercier Abdellah et sa famille, un plat de cèpes (merci Maman) aux pommes de terre. Pendant ce temps Delphine se métamorphose : application traditionnelle de Henné sur les cheveux, mains et pieds (voir photos). Demain nous devrions quitter Mirleft mais nous laissons la nuit nous porter conseil…

BIZZZZZZZZZZZZZZZZZZ




Commentaires sur cet article
alexis cacheux
Quel bonheur ce récit une fois de plus !!! Te souviens -tu Fab, je t'avais dit que: "plus "ils" sont pauvres, plus "ils" donnent" ?!? Et je vous avais dit aussi, que nos problèmes quotidiens, ne sont que des "problèmes de riches" ... les voyages sont toujours bénéfiques et en plus rendent humble !!!
Quand à la "bonification" de Del : je ne sais pas comment c'est possible... elle a déjà "tout" !!!
Biz à vous 2, une caresse au Tub', et dites au Maroc, que je vais revenir ...
Amitiés
Alexis et Colette

Ps : tu t'achètes une "mob" en rentrant ?
 
nicole
comme tous les jours, c'est à pas feutrés que je viens vous rendre visite,en essayant de ne pas troubler votre voyage qui je vois se déroule bien pour le moment.
Comme se doit être bien d'approcher tous ses enfants de villages Marocains et de leur apporter vos cadeaux et sutout votre gentillesse, qui je suis sûre sont importants pour eux.
Continuez à nous faire rêver, bonne route et affectueuses pensées de Cournon
 

Ajouter votre commentairee
       
 
Retour aux autres articles du journal Imprimer cette page Envoyer cette page


Dernières actualités
15/02/2008 : Notre plus grand, notre plus petit mais surtout notre plus beau souvenir...
15/02/2007 : A la fois notre plus grand, notre plus petit et notre plus beau souvenir...
31/12/2007 : Vive la vie
07/10/2007 : JP, merci pour les clés
02/10/2007 : Comment j’ai éclos dans un Tub…
24/09/2007 : Du plaisir pour les yeux et le coeur...
11/09/2007 : Jouons aux Robinsons Crusoe version 5 etoiles
05/09/2007 : Surchauffe, bonnets de bain et Michel-Ange...
04/09/2007 : Qu'il est bon de retrouver la mer...calme...avant la tempete!
27/08/2007 : A la rencontre des enfants bosniaques avec Binasa et fin de notre boucle dans les Balkans
26/08/2007 : Sarajevo ou la decouverte d'un islam "light"
22/08/2007 : Pourquoi la Serbie nous a-t-elle tatoué l’esprit ?
21/08/2007 : Un festival mythique ... les fanfares de GUCA
20/08/2007 : Un periple "itinerant" en famille, une rosalie qui s'ecrase sur le camping-car, une carte verte tres problematique mais surtout l'indescriptible gentillesse des Serbes...
17/08/2007 : Une thalasso peu ragoutante de prime abord...



Autres liens :

Tags

Nouvelles visites aux écoles (chaussures et brosses à dents) - Mirleft - Maroc -
Offre d'emploi - Ajouter à vos favoris - Découvrez d'autres voyages - Créer un carnet de voyage
Copyright top-depart.com ©2002-2008 Tous droits réservés