
Le 24/03 : samedi : dernière journée dans Marrakech. Objectifs : acheter des dattes après avoir comparé toutes les variétés, me trouver une djellaba et en profiter un max avant de nous excentrer pour le dimanche, dans la famille d’Hanane.
L’avantage, chez les marchands de fruits secs (ou même de fruits et légumes), c’est qu’on peut goûter les produits pour choisir avant d’acheter. C’est important car il existe ici, des dizaines de sortes de dattes : les marocaines, les tunisiennes, les irakiennes, les « dattes-remède » dures comme du sucre, les « royales » grosses comme un pouce et brillantes puis toutes les autres.… Etrangement, les plus appétissantes à l’œil, comme celles qu’on trouve en France, lisses et fondantes, font partie des dattes de basse qualité. Les toutes rabougries, ternes et peu alléchantes de prime abord, elles, sont exquises en vérité.
Nous les goûtons toutes, chez plusieurs vendeurs, qui en nous invitant à la dégustation, répondent à nos questions. J’en ai mangé des dizaines, la bouche toute sucrée. Ceux qui me connaissent peuvent m’imaginer comme devant un gros paquet de bonbons. No limit ! Nous avons pu ainsi arrêter notre choix sur une catégorie succulente, pas chère, pour en faire douceur dans le camion avec du lait, de l’amlou, des amandes ou des noix…typique !
Par le plus grand des hasard, nous tombons en sortant de l’échoppe, sur Myriam et Michel (le fils d’André, mari de ma grand-mère) eux aussi en séjour à Marrakech.
La quête de ma djellaba, non plus, ne se révéla pas infructueuse, ni une ruine. Nous avons dégoté un petit tailleur, bien planqué dans le souk, qui, pour 140 Dh (13 €) me vendit celle de mes rêves. Je tiens à la disposition de tous ceux qui viendraient à Marrakech et qui le souhaitent, les coordonnées de cet Hassan, qui, après avoir pris vos mesures, peut dans la journée, vous en confectionner une de votre choix (étoffes et couleurs).
C’est sûr que c’est un caprice qui prend naissance en découvrant le pays, enfin c’est mon cas… L’allure de lutin magicien (clin d’œil à Séb) que confère cet habit à capuche pointue est digne des Jedis de Star Wars (hein mon Alex !) et la passer c’est l’adopter. Surtout à poils dessous, pour se mettre à l’aise chez soi, après une bonne journée de travail.
A 16h, Hanane nous retrouve pour nous accompagner dans le souk aux épices acheter du colombo, du piment dynamite, du curcumin, de la coriandre séchée, du Rhas el Anout, de la cannelle, du gingembre (Alexis, JP…ça va…sans commentaires !) qui devraient nous faire tout le voyage.
Puis on retrouve tous les 3 le Tub qui quitte la résidence, direction le quartier d’Hanane. Petit hic, je commence à sentir le rhume me prendre, c’est peut être la piscine d’hier soir…pas grave, mais comme ça vous savez tout.
A peine franchi le seuil de sa maison, que les sourires de bienvenue, les bises (une d’un côté, 2 de l’autre) à toute la famille et les odeurs diaboliques des fourneaux nous assaillent chaleureusement.
Je parle religion avec Hamed, le Papa, musulman pratiquant et passionné par sa foi qu’il me décrit dans un français aiguisé. Les filles parlent kaftan (parure marocaine) et hammam.
Le 25/03 : autant vous avouer tout de suite sans plus tarder le contenu de ce week-end dans la famille Ait Belhaj. Comment dire ? Imaginez 2 jours, au chaud (tant mieux pour mon rhume) car dehors le temps fraîchit, pris en charge par Naïma, cuisinière marocaine hors pair, tant son plaisir à nous faire partager son amour des bonnes choses émane de sa douce personne. Ce fut comme un stage de cuisine intensif avec pratique, dégustation et relaxation.
Le nombre de plats incroyables qu’elle a confectionné de ses mains et fait sortir de ses cocottes en 3 repas, un goûter et 2 petits déj, vous paraîtrait exagéré, pourtant nous avons tout englouti : une soupe à base de farine complète accompagnée de dattes, un énorme poisson farci aux vermicelles et légumes rôtis, un couscous royal (une matinée de préparatifs), un R’fissa (poule au pot aux épices accompagné de msemen ou fines crêpes déchirées en rubans imbibées de jus de viande), une Tanjia (ragoût de viande), un Harcha (gâteau de semoule au lait) et un gâteau orange-chocolat improvisé pour 4h accompagné de café, de thé et d’un plateau de fruits secs. Pour les pt’its déj robs (pain) maison au miel et à l’huile d’olive, gâteau aux pommes, brioches au sésame. Je vous jure que c’est vrai, Maman, Monique, Jacquie, Françoise j’ai les recettes, chacune son tour SVP…Pour les autres, voir photos.
Ces douces heures de délectation, furent agrémentées de moments précieux. Youssef, le fils aîné, prodige autodidacte en informatique a expliqué à Del comment compresser nos photos numériques série par série et non plus une par une, ce qui lui prenait un temps fou. Discussions attentives lorsqu’il s’agissait des us et coutumes respectives à nos 2 cultures et longs moments d’écoute et de découverte de l’autre. Naïma insiste pour nous offrir 2 tasses en argile qui donnent à l’eau que l’on y verse un doux goût de terre en lui conservant sa fraîcheur. Nous y trempons nos lèvres et comprenons sans plus d’explications et sans pouvoir le formuler clairement, le message qu’il y a dans ce présent : la terre, l’eau, la vie, l’origine de toute chose…
Hanane et Hind, sa sœur, dévoilent à Del leurs magnifiques kaftans sur-mesure, réservés aux grandes occasions. Del succombe à ces étoffes aux reflets changeants et à leur ligne orientale. Naïma disparaît un instant puis revient avec un modèle en soie bleue, entièrement fait main, qu’elle n’a encore jamais eu l’occasion de porter. Elle l’offre à Del, qui, avec toute la symbolique de ce geste, lui tombe dans les bras, n’osant accepter, n’osant y croire. C’est un cadeau et chez les marocains, ça ne se refuse pas, aussi démesurée soit l’intention.
Longue soirée à discuter, échanger et rire lovés dans le salon marocain. Naïma, Hamed, Hanane (à qui nous devons tous ces instants), Youssef, Hind et Ali nous font naturellement sentir que nous faisons désormais partie de la famille, que leur maison est la nôtre. Nous leur témoignons notre reconnaissance, certainement un peu gauches, et les incitons avec envie à venir chez nous, en France dès qu’ils le pourront.
Le 26/03 : c’est avec le sentiment de pouvoir, à partir de ce jour, toujours compter les uns sur les autres que nous nous séparons sur la route de Fès.
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