
Le 20/03 : Copieux petit déj dans le camion, on prend des forces car l’avant goût de la veille (place Jemâa el-Fna) nous laisse présager de ce qui nous attend aujourd’hui. Rdv est pris avec Loïc Roger à 18 h pour aller prendre un verre dans son Riad.
Visites des souks aux épices, des teinturiers, des babouches, des cuirs, des bijoux, des potiers, des tapissiers…Notre gourmandise nous stoppe toutes les 20 minutes et nous succombons sans scrupules aux nougats, fruits secs, msemen, noix de coco, thés à la menthe, pâtisseries sous lesquels croulent les étals.
Des centaines de mobylettes débouchent de tous les côtés, des vélos, des carrioles, des mulets nous croisent, nous frôlent et remplissent comme autant de badauds les minuscules artères de la ville et des souks pourtant bien étroites.
La place Jemâa el-Fna, paradoxalement, se rendort un peu durant la journée. Nous choisissons, comme à l’accoutumée, l’endroit où nous allons manger au nombre de locaux qui y déjeunent et une nouvelle fois nous sommes enchantés de notre stratégie et notre bourse aussi.
Nous consacrons l’après midi à la recherche d’un sac à main que Del a repéré dans le souk des teinturiers. Forme ronde très épurée, en laine bouillie teintée à la main et aux pieds par des artisans magiciens des pigments dans de minuscules ateliers selon un protocole ancestral. Une fois le modèle repéré nous comparons les couleurs et les prix. Cela peut prendre quelques heures en se baladant et en se perdant. Puis vient le moment de marchander l’article, tâchant d’en obtenir le meilleur prix dans le meilleur esprit. Ayant remarqué des différences allant du simple au triple, nous bataillons peu pour emporter avec des sourires réciproques le sac désiré pour 75 Dh au lieu de 100 (350 dans la 1ère échoppe !!). Del est ravie-jolie !
A 18 h, Loïc Roger nous conduit dans son Riad. Les 10 minutes qui s’écoulent en voiture pour nous y rendre nous indiquent, bien que ne le connaissant que très peu, qu’il s’agit encore d’une rencontre incroyable.
INCROYABLE, comme l’Amina, son Riad, en plein cœur de la Médina. Restauré intégralement dans le plus grand souci du détail, avec un goût d’expert et de connaisseur. Plus nous en découvrons les merveilles (plafonds de bois peints et ciselés, fresques d’artiste, mobilier et draperies sur mesure, patio, terrasse avec jacuzzi, hammam…) mieux nous connaissons son propriétaire, son concepteur. Cet univers nous émerveille et Loïc répond à toutes nos questions connaissant l’histoire et l’organisation du lieu mieux que quiconque.
C’est déjà très impressionnés, que nous nous voyons expliquer, après une invitation au tutoiement, par ce saxophoniste professionnel à la base, comment, d’affaires en affaires, de placements en capitaux, de P.M.E en restaurants, de sentiments en désamours, il est devenu ce qu’il est aujourd’hui.
Les initiatives de cet homme, qui a eut 100 vie en une, bouillonnant d’énergie et d’idées, vont de la composition musicale à la politique en passant par des investissements dans divers domaines qui nous dépassent. Entrepreneur comme un Tapie (sans le côté mafieux), esthète comme un Dom Juan, épicurien insatiable comme je peux l’être (à mon niveau…), adepte du Tantra, il est de ceux qui évoluent dans d’autre sphères. Mais, partis de rien, s’étant fait tout seul, sans écraser personne, il conserve la notion et les valeurs essentielles de la vie, de celles qui l’ont conduit jusqu’à nous.
Nous réalisons qu’en ce monde on peut avec le même plaisir, le même respect et la même fierté faire ce grand écart de la vie entre les écoliers de Mirleft et la rencontre avec Loïc.
Après un verre, il nous invite à rester dîner au Riad. Nous faisons la connaissance de Jordan son fils de 17 ans et de Charline, dont il est séparé.
Il nous régale et nous délecte de bons vins. Nous discutons tous les trois jusque très tard, nous dévoilant mutuellement, en confiance, bien ensemble dans ce décor somptueux et inespéré.
C’est le genre de moment que l’on aimerait ne jamais voir finir.
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