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Maroc - Imi n'Tanoute
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de BZO, 22-03-2007 |
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Un valeureux Tub, une belle plumée pour une broutille et 1ers pas à Marrakech |

Le 18/03 en fin de matinée : cette route, 234 km pour se rapprocher de Marrakech, porte encore davantage le Tub aux nues. Fier et téméraire, il n’eut à pâlir de rien : ni des camions croisés de face qui, gardant la route pour eux, lui firent mordre la poussière du bas-côté plus d’une fois ; ni des véhicules le dépassant pied au plancher dans des montées de 25 km de long et que nous retrouvions plus loin, capot ouvert d’avoir trop chauffé ; ni enfin, des fous furieux dépassant quoi qu’il arrive, quoi qu’il en coûte ! Même sa consommation, en roulant au point de succion, fut une agréable surprise.
Ma co-pilote elle aussi, mériterait une médaille, déchiffrant cm² par cm² la carte du Maroc, afin d’optimiser notre parcours et de nous trouver les meilleurs points de chute.
Après 4 h de route et comme l’avait prévu Del, nous pouvons stationner le Twonous devant la gendarmerie marocaine (sûreté nationale) d’Imi n’Tanoun qui nous accueil avec des « soyez les bienvenus ». Cette ville nous inspire pour y passer la nuit. Elle regorge de cyber-cafés, ça tombe bien, nous avons tant de choses à vous faire partager !
Le 19/03 : nous avons dormi comme des marmottes bien au chaud dans leur terrier. Avant de redémarrer, nous contactons Loïc Roger, rencontré à Essaouira grâce au Tub, et qui nous a gentiment proposé un stationnement à Marrakech : tout est ok, il nous attend. Puis nous allons au souk acheter des amandes, des dattes, des épices. A la différence des souks marocains fréquentés jusque là, celui-ci, dans cette ville où nous n’avons croisé aucun touriste, nous a paru plus authentique. Le véritable souk : intense, surchargé de denrées périssables à plumes, végétales, de bazars en tous genre où tout semble se recycler. Les vieux pneus deviennent des paniers ou des bassines, les têtes et os de moutons servent de combustible pour les hammams, les légumes abîmés ou leurs épluchures sont conservés pour nourrir les bêtes. Les marocains sont géniaux, ils redonnent vie, restaurent et réparent tout ce qui chez nous aurait négligemment ou trop facilement fini à la poubelle.
A notre niveau aussi, dans le camion, cette notion, ce concept de l’Essentiel et de l’Indispensable, du non-gaspillage influence nos comportements ; 2 verres d’eau suffisent pour une petite vaisselle où même les couverts en plastiques sont lavés plusieurs fois et réutilisés avant d’être jetés… On allume qu’une ampoule à la fois dans le camion (12 V oblige), le pain dure est passé à la casserole quelques secondes pour le rendre croustillant le matin et plein de petites manies ou bonnes habitudes que j’espère on ne perdra plus !
Mais ce lundi, le récit quasi-idéal de nos aventures a connu quelques heures de noirceur. Il faut admettre qu’à 2, dans un espace confiné, avec une organisation millimétrique pour chaque geste ou chaque acte et bien parfois, cela dérape. En cette fin de matinée, Del et moi, nous réussîmes pour la 1ère fois depuis le départ à nous passer une belle plumée. Tous les couples dignes de ce nom, savent que les disputes existent même chez ceux qui s’aiment le plus et donc nous ne coupons, pour aujourd’hui, pas à la règle. Le motif, grave et sérieux : une histoire de bouteille d’eau. Vous voyez, rien de superficiel… ! Pourtant, et je suis sûr que beaucoup d’entre vous connaissent ce que je tente d’évoquer, cette broutille a installé un silence de mort pendant les 2 heures du trajet jusqu’à Marrakech. Entre le calme des arguments de Del et mon emportement instinctif, de gueulantes au volant en justifications incompréhensibles, ce ne fut pas la joie.
Mais alors, par contre, lorsque l’un des deux (la plus intelligente ou le moins bête, je vous laisse deviner qui ?!) baisse un peu les armes, ré amadoue l’autre et que les retrouvailles arrivent, c’est comme un 1er flirt. Comme on s’aime : une sale petite égoïste capricieuse et un irascible obstiné et aveuglé par sa vérité. 15 ans que ça dure et on en redemande…
C’est donc amoureux fous, que nous pénétrons dans Marrakech et c’est tout de suite une autre dimension. Qu’elles sont loin les vagues, les pistes et les montagnes du Sud. Mais à la différence d’Agadir, ici, rien ne nous oppresse et tant de choses nous semblent à découvrir….
En milieu d’après-midi : Loïc Roger nous cueille, comme convenu, devant un Mac Do puis nous conduit sur le parking gardé jour et nuit de sa résidence et voilà comment, après tant d’aventures, on se sent en vacances pour une semaine à Marrakech, pas à l’hôtel mais chez nous, dans notre camion, avec piscine et douches à disposition, à 15 minutes du centre ville en bus.
Sans perdre de temps, il est 16h15, nous hélons un taxi qui nous dépose quelque part en ville, il tente de doubler le prix de la course, mais ayant pris à l’avance connaissance des tarifs en vigueur, nous le lui faisons savoir poliment mais fermement.
Nous marchons pendant 2 kms sur le boulevard Mohamed 5 direction la Coutoubia, goûtant comme des novices aux charmes d’une capitale sous les palmiers. Les marocaines sont belles et semblent plus émancipées. Del me signale combien, celles qui sont voilées, savent avec un extrême raffinement allier leurs étoffes à leur tenue ou à leur djellaba. Pas une n’est en disharmonie et l’on comprend alors qu’avec cette justesse de goût là, le voile représente un véritable accessoire de beauté ou d’ornement. Le choix d’être belle comme ça…
Acrobates, charmeurs de serpent, parieurs, guérisseurs, vendeurs de jus d’orange, de henné, restaurateurs ambulants, vendeurs de kif, musiciens, chanteurs, dresseurs de hérissons et de singes… Spectacles et tentations à chaque coup d’œil !
Rapidement mais sans dégoût, nous sentons venir la saturation. Vite, du calme !...Par là, ça à l’air plus tranquille ?... Bon ! Que celui ou celle cherchant un peu de quiétude ne s’engage jamais dans les ruelles du souk de Marrakech.
2ème vague (tsunami !) de bruits, de couleurs, de foule et d’invitations pressantes pour visiter toutes les échoppes, toutes !!
Del a besoin de manger et moi d’une aspirine. Pas moyen de se mettre à l’écart donc on se confond encore un moment à cette manne qui donne ou qui prend, qui achète ou qui vend…
Puis on trouve le bus n°1, celui qui nous conduira tous les matins et tous les soirs de notre petit hôtel particulier itinérant jusqu’à la ville. On s’assied, presque tout au fond du car, sa tête sur mon épaule, ma tête sur la sienne, nous gardons silence d’avoir trop reçu. Absent, je m’abandonne aux klaxons qui retentissent sans relâche, aux à coups du véhicule qui me berce lorsque soudain, d’un brusque mouvement de tête, Del me sort de mon doux coma, se lève, se tourne vers un passager aviné assis derrière elle et lui sort les yeux plein de rage et sans que j’y comprenne rien : « TU AS OUVERT MON SAC !!! ». En 5 secondes, elle lui bloque le passage, s’empare de son petit bagage, me le confie pour une fouille scrupuleuse, vérifie que dans le sien rien n’y manque et son regard bleu glacial planté dans le sien lui assène : « TU N’AS PAS EU LE TEMPS DE VOLER MAIS TU AS OUVERT MON SAC !!! ».
Pris sur le fait, la main dans le sac, bredouillant, tentant vainement de descendre à son arrêt, le monsieur humilié maintient penaudement qu’il n’est pas un voleur mais n’est pas crédible pour 2 sous. Les regards manifestement gênés et compatissants des autres passagers marocains en attestent d’ailleurs. Comme rien n’a eu le temps d’être subtilisé dans son « inviolable » sac, ma femme laisse le malheureux pickpocket quitter le car. WAOUHH !! Quelle journée !
Nous retrouvons le tube, sous bonne garde, nous visitons la piscine, les toilettes, les douches de la résidence qui restent à notre disposition et nous réfugions dans notre antre familier et reposant. Sommeil en paix... à demain pour découvrir Marrakech plus en profondeur.
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Commentaires sur cet article
Alex
Beau comme un conte, savoureux comme un roman (à l'eau de rose ?), une épopée qui montre ses premiers signes de "fragilité"^^ !
Mais on vous connaît, partout où vous passez, l'amour sera là.
les suisses
comme c'est bien dit, nous les plumées on connaît .... vos découvertes nous enthousiasment, nous laissent l'eau à la bouche, nous nous réjouissons de vous les entendre raconter de vive voix. Cette découverte d'un monde aussi pittoresque, vivant, vrai est fantastique et nous sommes heureux que vous puissiez le vivre. A bientôt, bises à tous les deux le tub
Bernard et Maguy
alexis cacheux
pouête-pouête !!!
alexis cacheux
pouête-pouête !!!
daniel
Une "plumée" permet de se retrouver ...Mais attention à la conduite de l'amoureux fou ...un piéton, un cycliste est vite devant le pare-choc !
Marrakech recèle des trésors ; le tout est de sortir des sentiers trop battus !
Quand au sac à main ...Les femmes d'Aubière vendant au marché avaient une bourse sous leur robe attachée à la ceinture ! Pas idiot !
Merci pour ce dépaysement et bonne semaine ! N'oubliez pas l'apn pour les jardins Majorelle et leur bleu qui "péte" ( ne pas hésiter à sous-exposer en jpeg :>)) ) ( ou le contraire en raw ).
Danielle
Quelle épopée !! et que de sentiments dans cette journée ..... des bas, des hauts, des couleurs, des sons, des imprévus qui auraient pu tourner mal ; j'ai eu l'impression d'être votre passager et merci pour la ballade
Bonne route pour la suite
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