
Le 4/03 réveil ensoleillé, Del regagne son second hammam, je prends le chemin de mon rdv avec Abdula censé me conduire chez lui pour assister à la confection des fameuses pâtisseries marocaines.
Ce fut extrêmement compliqué, à tendance très gênant, car la femme du Monsieur en question ne semblait pas au courant de ma matinale visite, malgré le RDV convenu la veille, puisque nous l’avons trouvée tout à fait endormie. 2 ou 3 caresses, 3 ou 4 tapes amicales, puis viennent les invectives en arabe…un p’tit coup d’œil vers moi avec un sourire à peine gêné « C’est ma femme…. il dort… »Noooon, sans rire !!! j’avais pas vu !!!
Finalement, c’est avec la délicatesse d’un dragon sorti de sa torpeur à grands seaux d’eau que Madame émergea en hurlant sur Monsieur, pourtant de 28 ans son aîné ; et ce devant mes yeux ébahis et tout aplomb m’ayant quitté. Il fallait vraiment que cela se passe à Essaouira la cool pour que je ne prenne pas mes jambes à mon cou, même après ¾ d’heure de pugila. La femme calme sa colère, le mari tout tremblant feint de retrouver un semblant de virilité.
Nous prenons le petit déj sous légère tension, je me fait expliquer 2 ou 3 rudiments de pâtisserie marocaine et ne m’impose pas davantage chez eux, ni ce calvaire plus longtemps.
Je traverse Essaouira, retrouve Del. Mohamed nous cueille pour nous rendre chez lui. Ce personnage n’a pas de signe extérieur de richesse et nous ne pouvions subodorer dans quel univers il allait nous faire pénétrer.
Sa maison est un palais des mille et une nuits dans le plus pur style marocain doublée d’une galerie mêlant œuvres d’art, collection stupéfiante de coquillages et une multitude de pièces de mobilier aussi rares qu’intrigantes. Au-delà de leur valeur chacun de ses objets se rattache à une histoire et c’est en pur passionné que Mohamed en parle. Captivant !
Mais ce jour là, à nos yeux, la plus grande de ses richesses reste Fouzia, sa femme, aussi discrète que redoutable en cuisine. Le FESTIN gargantuesque, longuement préparé en notre honneur, nous laissa bêtement sans voix mais pas sans appétit. Couleurs et saveurs se mêlèrent jusqu’à la sublime tarte tatin du dessert. Cet après midi combla nos papilles et rempli nos cœurs de partage et d’échange.
En nous couchant, nous décidons pour le lendemain matin de visiter la ville méthodiquement afin d’avoir le sentiment de n’être passé à côté de rien. Nous prendrons la route en milieu de journée pour Agadir.
Le 5/03 de bonne heure, Routard à la main, nous survolons leurs conseils pour la visite de la ville et même si le temps s’écoule lentement ici, voilà déjà l’heure du départ. Pas très motivés, nous commençons à envisager la route jusqu’à Agadir, quant au détour d’une ruelle, c’est Alban, rencontré sur l’aire d’autoroute à 60 km de Clermont puis sur le bateau pour Tanger, sur qui nous tombons par hasard.
Ayant trouvé une raison ultra-valable pour différer d’une petite heure le départ nous prenons un verre avec lui et son ami Sébastien. On ne peut décrire exactement les circonstances qui ont fait que les lentes minutes qui ont suivies furent inespérées.
Avec Alban, business man zen à la tête de la crêperie « la triscala », nous faisons plus ample connaissance et le découvrons avec plaisir un brin déjanté, il laissera dans nos esprit la trace d’une subtile alchimie : une dose de yoga pour une dose d’occident, ne donnant la priorité qu’à ce qui est bon pour le corps et l’âme. Bref, une vie qui fait envie.
Viana, sa compagne, avec qui il semble s’être si bien trouvé, reste un mystère, ne se livrant que très peu…
Puis Seb, que nous ne connaissions pas, et que nous avons l’impression de connaître si bien désorm ais. C’est chez lui, dans un riad en rénovation (grande maison marocaine avec puit de lumière central), que nous avons en quelques minutes, dans ce décor irréel, sans retenue ni fausse pudeur touché à l’Essentiel. Nous allégeant mutuellement de confidences comme l’auraient fait des amis de longue date. Ce garçon recèle en lui, sans le savoir, toute la gentillesse de la terre et une créativité incroyable. Il a fait confectionné une sorte de Djellaba occidentalisée nommée « LUTIN’S », à la fois classe, confortable et avec terriblement d’allure…nous avons fait une longue séance d’essayage, dans le riad en chantier, quittant ses prototypes avec peine tant nous nous sentions bien dans ces vêtements ! Il est rare que Del se sente autant d’atomes crochus avec une personne avant même de la connaître…ce fut réellement à ses yeux une belle et touchante rencontre.
Finalement, vous l’aurez compris que nous nous séparons après ces heures délicieuses mêlant si bien silences, confidences et conversation passionnée.
A Essaouira, de rencontres imprévisibles en rencontres inimaginablement belles, Del et moi avons vécu des moments surprenants de symbolique. Nous nous demandons déjà en faisant vrombir le Tub comment notre voyage pourrait être plus intense les jours à venir !
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