
Ciao tout le monde ! Nous sommes désolés de ne pouvoir vous donner des nouvelles que de façon si espacée mais force est de constater qu’en matière de connexion internet la Sardaigne est vraiment à la traîne.
Nous continuons notre tour de l’île dans le sens des aiguilles d’une montre. Il fait en moyenne 34° en journée et le Tub continu, toujours avec la même constance, de nous faire voyager. Il y a une chose importante à comprendre ici, c’est qu’il ne faut absolument pas penser que 10 Km avant ou 10 Km après l’endroit où l’on se trouve, les conditions météorologiques sont identiques. En effet, les côtes sont tellement déchirées et ceinturées de montagnes qu’en 20 minutes et quelques tours de roue, vous passez d’une mer déchaînée gonflée par les vents, à des eaux d’huile percées par un soleil radieux. Alors on ne s’inquiète plus de voir des nuages ou des vagues énergiques. Il suffit d’attendre ou de bouger.
C’est donc au rythme des changements des éléments naturels et des sites que nous continuons à profiter de notre chance.
La côte sarde offre 1000 facettes différentes pour peu que l’on sorte des sentiers battus. À travers des paysages montagneux spectaculaires longeant la mer, nous partons chaque jour à la conquête d’une nouvelle terre d’accueil. Une sorte de chasse au trésor de plusieurs semaines qui nous fait découvrir des criques rien que pour nous, invisibles depuis la route, des piscines naturelles aux eaux turquoises, des baies cristallines auxquelles on accède par une grotte, celles où l’eau est si chaude que l’on est mieux dedans que dehors, des caps dominant la houle que le Tub arpente sous les yeux ébahis des promeneurs, les vestiges d’une forteresse que l’on contemple depuis la serviette… Les plages sont de sable tantôt blanc, tantôt rose, noir, fin comme de la farine ou composé de granite ayant la forme de grains de riz. Del, lascivement allongée les pieds dans l’eau passent de longues heures à recueillir de minuscules coquillages et prélève un échantillon de chaque variété. Pendant ce temps, je pêche… Et Del a mangé son premier poisson digne de ce nom (en taille). Pas peu fier le Fab !
En dehors des rares poissons, les fruits et légumes délicieux que nous consommons par kilo chaque semaine, les Amarettis, Pécorino, Mozzarella, Procuittos, Speck, Brésaola, pizzas et gelatis viennent s’intercaler dans notre quotidien comme autant de notes de douceur. Bien vivre, bien manger, bien être…
Contre toute attente, nous continuons de faire de belles rencontres, encore et toujours grâce au Tub : Franco et Hélèna, passionnés de 2CV et de Sardaigne qui nous conseillent mieux que le meilleur des guides sur les merveilles à ne pas rater. Il faut chercher, cela se mérite. Nous passerons plusieurs jours ensemble, nous retrouvant en divers points de l’île, à quelques jours d’intervalle. Ils nous présentent Paola, une amie qui tient un Bed and Breakfast où la beauté de la demeure, maison coloniale et luxuriant jardin intérieur, est encore sublimé par la gentillesse, l’accueil et la chaleur humaine de la propriétaire. Elle nous chouchoutera, nous conviant souvent à profiter du petit déj de ses clients, préparant pour nous lasagnes et pastas. Une Mamma italienne, sarde, mieux que nous nous l’étions imaginé.
Franco nous offre 2 tee-shirts inédits qu’il a réalisé, sur lesquels sont représentés les premières esquisses des tractions, 2CV, DS et Ami6 réalisées, pour Citroën, par le fameux designer italien : Mr BERTONI. Il est très sensible à ce périple réalisé avec notre Tub et il recueille auprès de nous tous les documents en notre possession (articles de journaux, plaquette descriptive du projet, blog, photos…) car il veut nous mettre en contact avec M. Berthoni fils qu’il connaît personnellement. Surprenante rencontre et grand honneur !
Helena de son côté revient les bras chargés des meilleures marques de pâtes italiennes pour que nous puissions les ramener en France.
Autre chose, un de mes souhaits les plus chers, que j’avais failli réaliser à notre retour du Maroc fut exaucé par Paola : il y a des années que je cherchais une tortue de terre pour l’installer dans notre jardin. Introuvables car rares et protégées, c’est ici en Sardaigne, qu’elle m’en confiera non pas une déjà adulte mais deux bébés d’une semaine et deux autres plus âgées : l’une d’un an l’autre de deux. Je suis tout fou depuis que nous voyageons à six dans le camion…
A Capo Pécora, bras de terre perdu au milieu des eaux, où seul le Tub osa s’aventurer véritablement, nous fîmes la connaissance de Olguer et Mickaela, un couple d’Autrichiens totalement fondus de voyage et qui ont il y a treize ans réalisé comme nous leur rêve de partir plusieurs mois. Nous partagerons nos expériences respectives et après avoir une fois de plus, on ne sait pourquoi on ne sait comment, abordé des sujets intimes et personnels sur ce que nous sommes, Del et moi ne pouvons nous empêcher d’y voir un nouveau signe de la vie. Riche et troublante rencontre que nous nous sommes tous les quatre promis de réitérer.
Puis il y a cette notoriété du Tub qui, c’est indéniable commence à retentir dans toute la Sardaigne. Le HY est tellement photographié, admiré, complimenté que du nord au sud et de l’est à l’ouest, nous croisons de plus en plus d’inconnus qui le connaissent déjà ainsi que notre parcours depuis le Maroc. Sur l’île, les nouvelles vont vite, les camping-caristes, motards, campeurs échangent toutes sortes de bons plans et de rencontres insolites, nous n’y coupons pas ! Avec Del nous avons beau chercher quel autre véhicule pourrait susciter un tel élan de sympathie, partout où il passe ; nous n’avons pas trouvé. Ce voyage aurait pu s’appeler « la route des sourires » tant nous avons vu de visages, jeunes ou vieux, s’illuminer et faire mentir effrontément la règle de politesse qui voudrait que l’on ne montre pas du doigt.
Pourtant, l’espace de 5 minutes, je fus pour la première fois envieux d’un autre véhicule : une espèce de canot-bicyclette adapté par un amateur d’originalité. Un tour de Tub contre un tour de beach-bike. Trop tripant de pédaler sur l’eau…
Le 15 septembre, nous fêtons nos six ans de mariage, toujours et encore avec la mer comme témoin. Un bon petit repas d’amoureux au creux de notre gros, logé sur une petite crique où seuls quelques moustiques nous tenaient compagnie devant le spectacle d’un coucher de soleil rose-oranger…
Bientôt s’achèveront plus de sept mois de rêve, d’été et de voyage. Nous trouverez-vous changer ? Intérieurement, pour nous c’est indiscutable. |