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Grèce - Patras
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de BZO, 26-04-2007 |
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Comment j'ai failli partir seul en Grece... |

Le 21/04 : à 11 h 30 je suis sur le quai d'embarquement du ferry. Seul, car Del tenait absolument à échanger une de ses paires de gants qui avait un défaut. Pas rassuré, je l'ai déposé à l'entrée de Venise espérant que pendant que j'embarquais le Tub sur le bateau et faisais délivrer nos billets, elle aurait le temps de faire l'aller-retour. Avant de nous séparer nous prenons la précaution de convenir d'un point de rendez-vous au cas où elle ne retrouve pas le Tub dans le port.
Grand bien nous en pris car en 30 minutes le camion était dans le bateau perdu au milieu des autres véhicules. Je ressors rapidement, fonce au point de rendez-vous et commence à voir défiler les minutes avec inquiétude. 1 h 30 plus tard, après avoir envisagé les solutions les pires (partir seul avec le camion, le ressortir du bateau...) nous sommes à une heure du départ. Ma femme n’est toujours pas revenue. Je la maudis, elle, ses retards et son souci que tout soit toujours parfait. Si elle rate le bateau pour une histoire de gants, je me tape un grec en l'attendant !
En plein soleil, je scrute la direction d'où elle devrait apparaître quand soudain dans mon dos, un « FaaAAABB ! » retentit. Sortant du ferry, ma petite rouquine, pas péteuse pour deux sous, me fait de grands signes tout sourire. Pendant les 200 mètres qui nous séparent encore j'hésite entre le divorce, la battre ou lui sauter dans les bras, rassuré de l'avoir retrouvée à temps. Je retins à mon grand étonnement la troisième solution ne la dispensant pas d'un bon sermon malgré tout. Comme à son habitude, Madame m'explique toute fière, toujours avec de bonnes raisons, que comme elle avait fait vite elle pensait me retrouver dans le navire. Qu'elle m'a laissé un mot sur le Tub, qu'elle a fait appeler Monsieur Peigue au micro plusieurs fois avant de m'apercevoir, (tout sec et tout p'tit à notre point de rendez-vous) depuis le pont supérieur du bateau.
J’vous jure il faut se la farcir parfois ! Même si entre colère et apaisement le sentiment qui prime en moi à ce moment précis est un Ouf de soulagement.
Sur le bateau c'est camping à bord. Nous sommes donc branchés sur le 220 V, disposons de toilettes et de douches pendant toute la traversée. Ça c'est génial car on a pu naviguer à bord de notre Twonous, déguster un Montplaisir 2004 (merci Maurice et Ginette) pour accompagner un pâté truffé de papa et Jacqueline. Croisière grand luxe donc.
Demain nous envisageons de réorganiser un peu l'intérieur, Del doit se faire un henné et moi j'ai des récits à dicter à Dragon vu qu'à Venise ça n'était pas évident.
La mer berce gentiment le camion et nous en son ventre.
Le 22/04 : Journée à bord dévolue à la douche, au réaménagement et autres bricoles... Ah si, on a fini le vin ! Et fait la lessive.
Del revient des sanitaires avec un sac sur la tête, henné oblige. Dans deux heures elle aura retrouvé des éclats roux/acajou flamboyants.
À 20 heures, nous devons débarquer à Patras. Je me fais copieusement engueuler par le personnel de bord car je gêne avec mon camion garé en warning sur le côté de la soute. Pourquoi ?? Devinez qui a eu, deux minutes avant de partir, en prétextant un pipi, l'irrépressible besoin d'aller constater dans les sanitaires si ses cheveux avaient bien, une fois secs, la couleur espérée : ma Del bien sûr. Bon cette fois elle a eu droit à une belle chiée dont j’ai le secret (Clémentine, je suis sûr que tu me comprends).
Enfin, bref, nous voilà sur le port, le soleil commence à tomber et nous ne savons pas trop par où partir. Nous rencontrons, prêts à embarquer pour la France, un français, Christophe (voir photos), sa chienne Insouciance et Margelia son amie grecque ainsi que Catherine, Suissesse résidant en Grèce qui nous prodiguent tous les trois leurs conseils pour découvrir le pays.
Experts en la matière, en buvant du Raki (alcool local) ils nous déconseillent les îles, chères d'accès avec le camion et trop fréquentées. De plus, la côte du Péloponnèse que nous n’avions pas prévu de visiter offrirait déjà un spectacle magnifique. Nous changeons donc notre fusil d'épaule pour envisager cette partie du pays, mais nous n'avons pas le guide touristique correspondant. Un peu pété au Raki (moi), nous décidons de rester dormir au port, de profiter des conseils de ces personnes et demain nous essaierons de trouver un Routard en français sur le Péloponnèse.
Christophe qui a passé six mois en Grèce, nous confie toujours sous influence de son breuvage, un secret. Il existe au sud de la Crète, une île -- Gavdos -- encore préservée des touristes et qui constitue le point de l'extrême sud de l'Europe. Ce serait un petit paradis sur terre inaccessible en camion, sans eau ni électricité sur les trois quarts du territoire où l'on dort sur la plage sous des cèdres et où l'on évolue tout nu (si on le souhaite). Le descriptif qu'il en fait me tente diablement. Selon lui, cette destination reste un trésor que nous ne devons manquer sous aucun prétexte (Olive tu nous rejoins quand tu veux) et même ma baroudeuse en herbe semble hésiter. Avant de nous endormir je l'interroge... « À réfléchir. Pourquoi pas, mais avec une tente pour éviter les bêtes ! ».
La nuit portant conseil, nous étudierons la question demain et demanderons des précisions sur les traversées à Patras. Grâce aux textos de Monique et Élodie nous connaissons enfin les résultats du premier tour des élections pour lesquelles nous avons voté par procuration (grâce à Ginette et Maurice, les grands-parents de Del) et pouvons donc plonger dans notre premier sommeil grec.
Le 23/04 : Journée Patras : prospection de toutes, TOUTES les compagnies maritimes assurant les traversées pour la Crète -- eh oui, ce qui signifie que Del n'exclut pas l'éventualité d'aller sur Gavdos ; je sais qu’elle fait beaucoup ça pour moi... -- recherches vaines d'un Routard en français pour le Péloponnèse dans toutes, TOUTES les librairies de la ville. Finalement nous, ou plutôt elle, se rabattra sur un guide complet mais en anglais ce qui n'est pas pour lui déplaire tout compte fait. Entre deux, on familiarise nos palais au café grec où l'on trouve autant à manger qu'à boire mais c'est délicieux frappé, avec une montagne de crème. Pas très digeste par contre.
Je ne sais pas si elle est déjà décidée ou non, je ne la brusque pas d'ailleurs, mais au sujet de l'île Gavdos, Del aimerais, au cas où, que l'on ait une tente. On nous renseigne sur un magasin où en trouver. Il est justement sur notre itinéraire pour longer la côte ouest mais ne sera ouvert que demain. Aussi nous décollerons le lendemain matin, ce qui nous laisse la soirée à Patras pour skyper enfin et profiter des voix et des têtes (pour ceux qui ont des webcam qui marchent !!) de nos parents. Ça fait du bien. Par exemple, je n'ai jamais eu autant l'impression de partager de choses importantes avec mon frère Alex qu'en étant si loin...
Un kiosque nous confirme qu'il aura demain des journaux français pour nous tenir informés de la présidentielle. On se couche à point d'heures dans le Tub qui n'a pas bougé du port depuis hier soir.
Le 24/04 : Libé, Le Monde, il faut bien ça pour se faire une vague idée de la situation. C'est bien la première fois qu'on achète des journaux avec l'envie de les dévorer.
On achète une petite tente, bien étanche (pas pour la pluie, pour les bêtes) avec une moustiquaire... Toujours au cas où, mais l'idée fait son chemin. Je m'offre une ligne de pêche et quelques hameçons pour nous nourrir si besoin est. On fait le plein du camion, les prix des carburants sont identiques au Maroc, bonne surprise.
Puis on trace, avec le ferme espoir de ne faire escale qu'au bord de l'eau dans un coin le plus tranquille et le plus paradisiaque possible.
Première plage : Kalogliera, à 35 km de Patras pour déjeuner, pêcher des crabes et les écrabouiller pour voir si ça peut faire de l'appât pour mes futures pêches… Bon, ça fait de la purée de crabe mais ça n'attire que les alevins. Demain, j'essaie la bouillie de chapeaux chinois (coquillages).
Salade de fêta aux épices marocaines et à l'huile d'Argan. Contact et on repart. Phénomène étrange sur la route, les Grecs disposent comme en France d'une bande d'arrêt d'urgence mais au lieu de la laisser libre, ils la chevauchent constamment de façon à permettre à ceux qui sont derrière de doubler... Je n’essaierai pas en France !
À 15 h 30, nous découvrons, aussi désertique que le sable de Carcans en février, notre deuxième plage, celles de Kouroutas. Par contre le soleil et la température de l'eau autorisent pour ne pas dire imposent bronzette et baignade ce dont je ne me dispense pas. Au fait, les collègues, comment ça va au labo ?? (j’suis vache hein !). L'eau est «inouïtement » bonne et cul nu j'en profite comme un sauvage. Retour au camion tout ouvert où Del lit Libé. Je l'aime le Tub mais je ne comprendrai jamais qu'on reste enfermé alors que la plage est juste là. Bon tant pis, je vais me taper le Monde tout seul au soleil avec les vagues qui me lèchent les pieds.
Plus tard, un pêcheur grec vient lancer sa canne à pêche. Nous bavardons dans nos anglais très très moyens mais comme nous sommes ex-aequo on se comprend bien. Il m'offre une bière et moi des poids chiche du Maroc (il a pas trop aimé) !
20h45, OUAAAAOUH ! J'ai pas vu le temps passer, un coup d'oeil au Tub toujours aux quatre vents. D'ici, rien ne bouge, je parie que ma marmotte lovée s’y est endormie. Tout juste : la dernière page de Libé sur le nez, et nos peluches dans son cou (je me demande comment elle peut être si enfant et si femme à la fois...).
Je la réveille d'un bisou ensablé pour qu'elle assiste au coucher du soleil. Assis face à la mer, je l'emmitoufle de mes bras, je rote la bière ...
Apéro grec au Tsatsiki et à ce que nous espérions, à l’étiquette, être de l’Houmous (Alex continues le grec !) et qui se révèle être en fait une crème de fromage à l'ail et peut-être au citron confit (ou bien des anchois à la confiture de fraises... ?) avec un Coteaux Du Layon mis en bouteille par papa, diabolique !
On parle politique sans se fâcher puis on s'endort en comptant les vagues.
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Commentaires sur cet article
daniel
Purée le coup du quai ..... Un ulcère à tous les coups !
Profitez bien de la Grèce et des grecs , mais gaffe pour les bains si Madame dort .... ;>))
jean-pierre
aller en Grece pour lire Libe.ça doit être génétique comme dit Sarko !
rien n'est jamais perdu dans ce bas monde et le Tub à Olympie ...le rêve
à bientôt
Seb Levasseur
de Seb du labo Clermontois
en lisant l'article sur la Grèce,je constate que vous en profitez pleinement...l'évasion,le soleil,la plage et les baignades...que du bonheur!!
A la fin de la semaine je pars en Corse pour une semaine de villégiature chez moi si je puis dire;Que cela va faire du bien...mème si le climat est agréable en ce moment en Auvergne mais sans la mer!Ton absence se fait resentir et certains ont du mal à trouver leurs points de repères??? lol
Bonne continuation;Bisoux
Frédéric !
Roh la chance, ils sont en Grèce! Pourquoi vous ne m'avez pas fait venir avec vous! Bisous à vous amusez-vous bien!
Anny et Framboise
Vous souvenez-vous... du 1er rendez-vous ?? la la la.... Nous ne sommes pas trop envahissantes, mais nous vous suivons pas à pas et nous trouvons certains passages très rigolos. Vous avez un talent incontestable de conteurs. J'adooooore !
Essaouira (chez Mohamed et Fuzia) Bisous bretonnants d'Anny et Françoise
Gérard
Une preuve supplémentaire de ta mauvaise foi,Fabrice.
Je connais ma fille,et tout le monde sait qu'elle n'est jamais en retard.....
Bon vent à tous les deux.
Balou
mort de rire !!!! Sacrée Del!!!
Gros bisous à vous deux
alexis cacheux
Mort de rire !!! je transfert l'adresse à Colette, au boulot, pour qu'elle prenne 7 mn de bonheur à vous lire !!!
Bizzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz
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