
le 22/08 : Ah oui c’est vrai : camping sauvage rigoureusement interdit en Croatie. Alors on rentre dans le moule, on fait comme les autres mais sans être vraiment comme tout le monde grâce au Tub qui nous sort de la masse, suscite l’admiration de beaucoup et nous distingue du coup…c’est savoureux ! La seconde originalité, c’est nos sept mois de voyage qui, comparés à toutes les semaines, quinzaines ou même mois de vacances, sont comme un trésor inestimable que beaucoup nous envient.
Plus qu’un gros mois ! Comment en profiter encore plus, comment espérer davantage après avoir déjà vécu tant de moments uniques, vu de si belles contrées et fait de si riches rencontres ? Certainement en continuant de laisser agir l’aura du Tub qui nous a, depuis le départ, toujours comblé : une dizaine de destinations majeures sans aucun ennui mécanique (j’écris tout ceci depuis le lit du Tub, je tends la main, je touche du bois…). Merci El Twonous, merci JP (qui nous suggère d’ailleurs un nouveau surnom pour son « gros » : HERMES pour 2 raisons, l’initiale H puisque le Tub se prénomme en réalité « type H » mais aussi parce qu’HERMÈS était chez les grecs le Dieu du voyage…pas mal trouvé non ?) Merci la vie !
12 000 km parcourus, de nouvelles bougies et certainement la dernière vidange faite ce matin.
A peine 100 km après la frontière Bosno-Croate et elle réapparaît soudain : la Mer. Vision enchanteresse ! Deux mois que nous l’avions quittée, elle nous avait manquée.
On stoppe dans un camping non loin de Split. Endroit de rêve, comme sa plage privée… Hamac, baignade, snorkling, pêche et cocooning. On se retrouve seuls et avec du temps pour prendre le temps. Je ressens pour ma femme l’inverse de ce que serait le douloureux manque d’elle si nous devions être séparés. Le bonheur plein et entier de pouvoir vivre ensemble ces instants. Ce voyage nous a encore rapprochés, préparés mieux que nous pensions l’être pour l’avenir qui rime avec fin du voyage bien sûr mais aussi avec nouveaux projets, toujours à deux.
En attendant, on s’endort enlacés dans le hamac, on entrouvre à peine les yeux et la vision du Tub à moins d’un mètre nous rassure, nous fermons l’œil pour de bon.
le 23/08 : Journée détente et plage avec gonflage de matelas pneumatiques en plus de la veille. On prévoit notre traversée de la botte italienne d’Est en Ouest et une escale à Rome.
Une capitale de plus dans notre boucle « Maroc, Europe, Balkans ». Nous frétillons d’avance.
À 15 heures nous sommes garés sur le port de Split. Nous y embarquerons demain matin à neuf heures. On est positionnés, pas de risque de louper le bateau à cause d’un réveil qui ne sonne pas, d’un port introuvable, d’une circulation démente ou d’un souci mécanique… Sereins, nous consacrons donc les dernières heures croates à la visite de la ville au sol marbré de blanc, de sa forteresse et de ses ruelles où il fait bon se perdre.
le 24/08 : On crame nos dernières kunas, à l’aurore, sur le multicolore marché aux fruits et légumes de Split.
Puis on embarque, comme d’habitude les derniers (on était quand même là la veille, il faut le faire !)!! Non non pas à cause de Del pour une fois…petite explication : vous enregistrez vos billets (ou « check-in ») 2h avant le départ. Vous positionnez votre véhicule dans la file d’attente. Vous demandez au personnel chargé de l’embarquement de combien de temps vous disposez avant que les 1ères voitures ne pénètrent dans le bateau : « une bonne heure, au moins ». OK, vous vous absentez donc 45 minutes (histoire d’être 15 minutes en avance sur l’heure prévue). Et surprise… non seulement les 1ères voitures ont déjà embarqué, mais les dernières aussi !! En clair, sur la centaine de véhicules initialement positionnés sur le port, il ne reste plus que notre Tub, tout seul, un peu perdu…Bon pas de panique, on met le contact, il vrombit et se positionne dans le bateau, du coup en pole position pour ressortir à l’arrivée (promis, on l’avait pas fait exprès) !
10 heures de traversée sur le pont (sans cabine) nous attendent, nous commençons à être habitués et anticipons les gens, allongés partout dans les couloirs ou sur les fauteuils. Nous les enjambons sereinement, repérons deux fixations bien costauds et accrochons sur le pont supérieur, à l’ombre d’une passerelle, avec vue sur mer…. notre hamac.
Les regards mi médusés, mi jaloux pour certains, amusés ou envieux pour d’autres ne gâcherons pas notre plaisir et notre confort. Nous naviguons ainsi, comme des pachas, jusque vers 15 heures. Ensuite une houle de plus en plus marquée, un net tangage, quelques petites gouttes salées sur le bout du nez puis carrément de grosses gerbes d’eau et un vent violent finirons par nous arracher à notre petit paradis. La tempête fait son œuvre : à l’intérieur des couloirs du bateau, les voyageurs ne sont pas à la fête, les sacs plastiques ont remplacé les i-pods et autres consoles de jeux. Ca se pousse sans vergogne pour avoir le privilège d’arriver en 1er aux toilettes, une jeune femme à 4 pattes rampe et pleure pour que ça s’arrête, les comprimés anti-vomitifs s’avalent les uns à la suite des autres, on s’adosse aux murs pour trouver un repère, un semblant de stabilité…Bon, nous ça va à peu près, on a une pensée pour Jacqueline, Del prend quand même un p’tit Motilium® au cas où ça s’intensifie, enfile le bracelet acheté par Monique et sensé appuyer sur un point d’acupuncture conjurant le mal des transports…et ça roule ! Elle s’endormira contre moi, couchés à même le sol, comme 2 clodos sur nos serviettes de bains étalées sur la moquette d’un couloir (Del m’avouera quand même avoir repéré l’issue de secours la + rapide pour accéder aux canots de sauvetage et déploré que ceux-ci semblent un peu vétustes et non couverts, compte tenu de la tempête…je ne la referai pas !).
19 heures, on touche Pescara. Le but serait de se rapprocher au maximum de Rome.
22 h 30, dans un petit bled accueillant, on se gare, on dîne, on envisage la route pour demain, on se prend dans les bras et on s’endort. |